Dans un contexte de fort intérêt du
grand public pour la cartographie et plus spécialement pour la cartographie dynamique et interactive en ligne liée à l’émergence grandissante du Web2.0 et à une forte
demande de localisation des informations, le monde de la géomatique plus le même depuis quelques années. D’une géomatique de professionnel, réservé aux experts on est
passé à une géomatique de masse ouverte à tous. Néanmoins il est important de préciser que la géomatique en tant que discipline, que métier reste un domaine assez spécialisé et surtout très
professionnel. Alors la question est de savoir quelle est la place de ces nouvelles logiques (API, web 2.0, VGI) dans le petit monde de la géomatique.
Depuis peu le terme de nouvelle géographie (neogeography) provoque discussions et débats. Il n’y a pas de définition de la neogeography, on peut la considérer comme l’association d’un ensemble de techniques et d'outils
qui ne relèvent pas du domaine des SIG traditionnels. Les SIG fusionnent avec des applications cartographiques en ligne le tout couplé avec une dimension web 2.0
(participative). La neogeography se développe dans un contexte de mutation du Web 2,0 intérêt accrue du public autour de l'appel de la cartographie et de technologies géospatiales qui ont eu lieu avec la sortie de Google Maps et aussi à la diminution des coûts des appareils GPS, et l'augmentation de l'ubiquité des dispositifs
mobiles.
Neogeography, comme nous le voyons, est un ensemble diversifié de pratiques qui opèrent en dehors ou à côté, ou
à la manière des pratiques des professionnels de géographes. Les méthodologies de neogeography tendent à être intuitive, expressive, personnelle,
voir artistique. Cela ne veut pas dire que ces pratiques sont d'aucune utilité pour la cartographie et plus globalement pour les sciences géographiques, mais en général elles ne sont pas
conformes aux protocoles de la pratique professionnelle.
Pour certain, cette neogegraphy n’a rien à voir avec la géomatique “l’explosion de la neogeography suscite de l’intérêt et pousse à la convergence des données collaboratives,
mais ce n’est pas du SIG” (Mike Hickey). D’autres y voit la fin de leur discipline, mais plus globalement on sent bien que la neogegraphy incarne une suite logique au développement des SIG
traditionnels. Après le fort succès des cartes dynamique en ligne (plan de ville, infographie, atlas interactif), la suite se devait d’être plus technique et plus fonctionnelle. C’est le cas
actuellement où les informations sont géoréfenrencées, on peut afficher de plus en plus de données et surtout on peut apporter sa contribution et participer à la vie
du SIG en ligne. Mais la question qui parait centrale se trouve au niveau de la définition de l’application auquel fait face l’internaute. Doit-on parler d’application cartographique, de SIG en
ligne de carte dynamique, et s’agit-il réellement de SIG ?
C’est la combinaison de
plusieurs facteurs qui fait se développer la néogeography :
- Une démarche participative et collaborative : on est dans un milieu associé où j’utilise moi-même les données que je saisie je suis à la fois
producteur et consommateur de ces données, tout comme celles des autres.
- Des interfaces claires et simples d’emploi. C’est ce que les progiciels n’ont jamais réussis à faire.
- Des interfaces d’accès aux données (API) qui me permettent de “jouer” et d’inter-agir avec les données.
J. Turner: « Pourquoi dans le monde de l'instantané en ligne mondial de la communication et
de l'anonymat "l’emplacement" devenu un thème important? »